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jeudi 30 octobre 2008

Lulu (Wedekind)

Autor: Frank Wedekind
Originaltitel: Lulu
Erste Auflage: 1913
Übersetzung: -


Klappentext:

Die Dramen Erdgeist und Die Büchse der Pandora waren zu Wedekinds Lebzeiten von Theaterskandalen und Zensurmaßnahmen begleitet. Von Wedekind später unter dem Titel Lulu vereint, gilt die Doppeltragödie heute als sein Hauptwerk.


Meine Meinung:*****
Natürlich, ich liebe den Fin de Siècle, seine Kunst (Klimt), seine Literatur (die Manns), seine Musik (Mahler), alles, alles. Gewiss. Aber dieses Theaterstück ist nun wirklich ein Meisterwerk dieser Epoche.
So ziemlich alle Themen der Jahrhundertwende finden wir in Wedekinds Stück. Das Gefühl der unmittelbar annähernden Götterdämmerung (Ich fürchte jeden Tag, die Welt könnte untergehen meint Schwarz zu Lulu), der Jugendwahn, die Scheinheiligkeit der Gesellschaft, die Femme fatale, das Aussterben der wahren Gefühle.
DIE GESCHWITZ (allein). Ich will mich neben die Tür setzen. Ich will alles mit ansehen und nicht mit der Wimper zucken. (Sie setzt sich auf den Strohsessel neben die Tür.) – Die Menschen kennen sich nicht – sie wissen nicht, wie sie sind. Nur wer selber kein Mensch ist, der kennt sie. Jedes Wort, das sie sagen, ist unwahr, erlogen. Das wissen sie nicht, denn sie sind heute so und morgen so, je nachdem ob sie gegessen, getrunken und geliebt haben oder nicht. Nur der Körper bleibt auf ewige Zeit, was er ist, und nur die Kinder haben Vernunft. Die Grossen sind wie die Tiere; keines weiß, was es tut. Wenn sie am glücklichsten sind, dann jammern sie, dann stöhnen sie und im tiefsten Elend freuen sie sich jedes winzigen Happens. Es ist sonderbar, wie der Hunger den Menschen die Kraft zum Unglück nimmt. Wenn sie sich aber gesättigt haben, dann machen sie sich die Welt zur Folterkammer, dann werfen sie ihr Leben für die Befriedigung einer Laune weg. – Ob es wohl einmal Menschen gegeben hat, die durch Liebe glücklich geworden sind? Was ist denn ihr Glück anders, als dass sie sie besser schlafen und alles vergessen können? – Herr Gott, ich danke dir, dass du mich nicht gestraft hast wie diese. – Ich bin nicht Mensch; Mein Leib hat nichts Gemeines mit Menschenleibern. Habe ich eine Menschenseele? Zerquälte Menschen tragen ein kleines enges Herz in sich; ich aber weiß, dass es nicht mein Verdienst ist, wenn ich alles hingebe, alles opfre…

Mit diesem Zitat denke ich, sieht man ganz klar die Fin de Siècle Psychose, das zweifeln an der wahren Liebe, an seiner eigenen Seele, an der Menschheit. Der Mensch hat sich ad absurdum degeneriert, jetzt kommt das Ende.

Fazit: ein großartiges Theaterstück, das einem beim umblättern der letzten Seite sehr nachdenklich lässt.
Und ich hoffe, dass ich bald die Gelegenheit haben werde, die Oper Lulu, von Alban Berg komponiert, zu sehen/hören.
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Einen Kommentar dazu finden sie beispielsweise hier.

jeudi 25 septembre 2008

Candide (Voltaire)

Auteur: François Marie Arouet, dit Voltaire
Titre original: Candide ou l'optimisme
Première parution: 1759
Traduction: -

Quatrième de couverture: -
[en lieu et place, un extrait]


Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. Il prouvait admirablement qu'il n'y a point d'effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la baronne la meilleure des baronnes possibles.


Mon avis: **Je ne dois pas être spécialement sensible à la littérature pré romantique, du moins, aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais apprécié 'plus que ça' les œuvres de cette période, que je devais lire au lycée. Diderot, Chrétien de Troyes, Madame de Lafayette, Rousseau... bof. Quoique, le moyen-âge a ses charmes, avec une candeur et une naïveté qui fait sourir, ou au contraire de belles passions tragiques qui font vibrer. Mais aux Lumières, je leur trouve un humour forcé et dédaigneux, beaucoup de mépris, beaucoup de larmoiement autours de la misère humaine. Beaucoup aussi de faites ce que je dis mais pas ce que je fais, et je me permets ici de citer l'exemple célébrissime d'un Rousseau auteur de L'Emile qui donne ses gosses à l'adoption et de vous conseiller un petit tour chez Doudou, qui vient de terminer elle aussi un Voltaire.
Le problème avec les lumières, c'est qu'ils sont obnubilés par leur sacro-sainte raison. Ca les amène a parler d'égalité, de liberté, et de tout un troupeau de belle valeurs, mais si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien. (I Cor. 13, 1-3). Autrement dit, ce n'est pas avec la seule raison que l'on peut rendre le monde et les hommes meilleurs. Parce qu'il suffirait que ma raison me dicte que ça ne me sert à rien de traiter le Juif, l'Arabe ou le Noir comme l'égal de moi-même, que c'est tellement plus simple de le tabasser, de le voler et de le réduire en esclave, pour que toute cette belle théorie des Lumières tombe à l'eau. Je peux traiter l'autre avec tolérance et politesse, si je n'ai pas l'amour, le jour où ma situation ne sera plus si rose, je ne vais certainement pas me gêner à persécuter cet autre, à trouver intolérable que lui mange de la viande tous les jours alors que je dois me contenter de pain sec. Est-il besoin de citer des exemples?
Donc voilà, mis à part que les belles phrases des Lumières sonnent creux à mes oreilles, Candide se lit facilement, et est un peu drôle au début, ou plutôt ironique. Et puis c'est bien écrit, au niveau de la langue.

vendredi 12 septembre 2008

Das Stundenbuch (Rainer Maria Rilke)


Auteur: Rainer Maria Rilke
Titre original: Das Stundenbuch
Première parution: 1905
Traduction: -

Quatrième de couverture:
"Ich habe Hymnen, die ich schweige" - das eigene Ich und die mögliche Existenz Gottes in Worte zu fassen und begreifbar zu machen, ist das grosse Thema der Literatur um 1900. Aus der Anbetung Gottes in den Stundenbüchern des Mittelalters wird bei Rilke die Suche nach Gott und der eigenen Identität. Sein wichtigstes Frühwerk entstand vor dem Hintergrund seiner Erfahrungen in der Grossstadt Paris. "Das Stundenbuch", erschienen 1905, geliebt wegen der Musikalität seiner Verse, kritiseirt wegen seiner verklärenden Wircklichkeitssicht, ist eines der bedeutendsten lyrischen Werke der Moderne.

Mon avis: *****
Plein les yeux!
Le recueil est articulé en trois partie:
Erstes Buch: Das Buch vom mönchischem Leben (1899)
Zweites Buch: Das Buch von der Pilgerschaft (1901)
Drittes Buch: Das Buch von der Armut und vom Tode (1903)

Dans la première section, Rilke peint Dieu, face à l'homme qu'il est, dans un cadre bucholique de prairies, forêts et montagnes. C'est à la fois l'émerveillement de l'humain dans la contemplation de son Dieu et la joie de Dieu face à Adam.
Les poèmes sont relativement courts et dégagent un parfum de jour d'été ensoleillé.

Le second livre nous mène lentenement vers une vie moins insouciante, la pauvreté et la mort deviennent plus présentes, la campagne se meut en nuits opaques, en villages isolés, en hivers dangereux et sentiers escarpés. C'est la solitude du pèlerin, sa force irrépréssible qui le pousse en avant aussi.

La dernière partie quant à elle, a quitté la tendresse de la nature pour échouer dans les arrières-cours bruyantes, puantes, sombres et nauséabonde de la ville, décrite comme un monstre vorace, une machine infernale avalant le temps à toute vitesse, pleine de moisissures, de boue, d'acier, de misère et de tristesse.
(...)
und mach die Armen endlich wieder arm.
Sie sind es nicht. Sie sind nur die Nicht-Reichen,
die ohne Wille sind und ohne Welt;
(...)
und wollen nichts und nrauchen nur das
Eine:
so arm sein dürfen, wie sie wirklich sind.
Denn Armut ist ein grosser Glanz aus Innen...

La musicalité des vers est effectivement magnifique, c'est un livre que l'on doit chuchoter, à défaut de pouvoir le lire à voix haute. Il y a un plaisir physique à entendre et prononcer ces rimes. Les images nous transposent dans un autre monde et contribuent fortement à créer l'ambiance propice à l'exacte compréhension des propos. Ce sont aussi, fidèles à l'esprit élitiste Fin de Siècle, des phrases que notre intelligence peine parfois à saisir. Elle se perd dans la synthaxe méandreuse et lutte contre une force qui, sans arrêt, souffle de la buée sur la vitre de la compréhension.
J'avoue que j'ai parfois touché aux limites de mon intelligence - à 21 ans déjà, quelle honte! - mais finalement, je ne suis pas Rilke, je ne suis pas un génie, il me faudra sans doute du temps et une expérience de vie plus grande. Et ce sera un livre qui ne prendra jamais la poussière...

jeudi 11 septembre 2008

Faust (Johann Wolfgang von)

Auteur: Johann Wolfgang von Goethe
Titre original: Faust I
Première parution: 1808
Traduction: -

Quatrième de couverture: -
[en lieu et place, un extrait:]

Margarete.

Tag! Ja, es wird Tag! der letzte Tag dringt herein;
Mein Hochzeittag sollt es sein!

Sag niemand, dass du schon bei Gretchen warst.

Weh meinem Kranze!

Es ist eben geschehen!

Wir werdren uns wiedersehn;

Aber nicht beim Tanze.

Die Menge drängt sich, man hört sie nicht.

Der Platz, die Gassen
Können sie nicht fassen.
Die Glocke ruft, das Stäbchen bricht.

Wie sie mich binden und packen!

Zum Blutstuhl bin ich schon entrückt.

Schon zuckt nach jedem Nacken

Die Schärfe, die nach meinem zückt.

Stumm liegt die Welt wie das Grab!


Mon avis: *****
J'avais un professeur de littérature allemande qui a décrété, au premier cours, Wissen sie, ich verlange von ihnen keine präzise Daten, (...) Und sowieso, in deutscher Literatur gibt's nur drei Daten, die sie kenne müssen: 1749, die Geburt Goethes; 1832 seinen Tod; und 1808, die Erscheinung des Fausts. A ce moment, je ne savais pas encore que le Professor Würffel allait devenir très bientôt mon professeur préféré, j'étais un peu critique encore. Et j'ai pensé Va, c'est chic de n'exiger de nous que trois dates, Goethe est un chouette type aussi, mais tout de même, faut pas exagérer, ô grand et sérénissime professeur. Je n'avais donc pas retenu ces trois dates. Pas plus que je n'avais lu Goethe ou pris connaissance de l'intrigue de son Faust.
C'est mal. Très mal. Я знаю.
1749, 1808, 1832. Hop! dans la caboche ad aeternam.
Après avoir lu de toutes mes tripes Le Maître et Marguerite du Boulgakov, qui s'inspire grandement de l'oeuvre maîtresse de Goethe, il était temps d'extirper le mince livret jaune délavé de Reclam.
Je me sens un peu ridicule de vous faire une critique de la tragédie, ridicule voire blasphématoire. Ils sont des milliers à l'avoir fait avant moi et mieux que moi.
Faust fait partie de ces livres qu'il faut avoir lu. Si vous ne devez lire qu'un seul livre de la littérature allemande, sans hésiter: Faust. Imaginez un peu que serait votre culture littéraire si vous n'aviez lu, comme tout le monde au lycée, le roman de Tristan et Iseult*? Des foutaises!
La poésie de Goethe est extrêmement riche et imagée, il nous dit les choses par métaphores ou de manière détournée. On devine plus qu'on ne sait, et pourtant, c'est plus clair que s'il nous avait dit les choses noir sur blanc. Puis il a l'avantage de la langue germanique, qui possède beaucoup plus de mots que le français, et qui, malgré sa sonorité hop hop zack zack, a beaucoup plus de force et de passion. C'est la langue du Sturm un Drang, c'est la langue des grands romantiques, de Caspar David Friedrich à Schumann, en passant par Novalis. Le français, à côté, fait bien piètre figure (bien que ce soit une belle langue, noble et posée).
Une oeuvre donc déjà très romantique, l'amour qui unit Faust à Gretchen est la chose la plus belle et la plus poignante que j'aie lue.
Incroyable.

* Si tu n'as pas lu Tristan et Iseult, tu sais de quoi ta nuit sera faite.

mardi 26 août 2008

Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)

Auteur: Louis-Ferdinand Céline
Titre original: Voyage au bout de la nuit
Première parution: 1952
Traduction: -

Quatrième de couverture:

- Oh! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand! Vous êtes répugnant comme un rat...
- Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne me résigne pas moi,,, Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu'elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux: je ne veux plus mourir.



Mon avis: **
Il m'aura fallu beaucoup de volonté pour persévérer dans la lecture du célèbre des romans de Céline. L'atmosphère extrêmement glauque et nauséabonde des récits, le style d'écriture très langage parlé à la Petit Nicolas (Même à déboucher les cabinets, elle devait souvent renoncer, la mère Cézanne tellement c'était difficile au lieu de C'était si difficile de déboucher les cabinets que la mère Cézanne devait même renoncer à faire cela et C'est tout à fait comme ça! que m'approuva Arthur (...) "J'vais voir si c'est ainsi! que je crie à Arthur), style enfantin qui fait tout le charme des histoires du Petit Nicolas (dont je suis d'ailleurs une très grande fan, soit dit en passant, et sans la moindre honte, bien que j'ai passé l'âge de lire cela), mais que je trouve décidément insupportable dans un roman noir comme l'est Voyage au bout de la nuit. Cela donne une touche de gaité juvénile à un narrateur qui est tout sauf joyeux et innocent.
Là où les romantiques usaient de pathos parfois grandiloquent en puisant dans le champ lexical de la douleur, du déchirement et de la souffrance, Céline nous submerge de moiteur, d'odeur d'entrejambe, de pulsions charnelles, de transpiration et de déjections, substituant à la noblesse de la souffrance la bassesse du dégoût. Voyage au bout de la nuit n'est pas écrit mais vomi, on répugne à le tenir dans ses mains, on se sent devenir sale à sa lecture, comme si la boue, la sueur et les excréments nous collaient à la peau à la simple vu des mots.
Cette puanteur qui hante le roman vient souiller des idées qui sont parfois finement pertinentes, mais au-dessus desquelles on passe le plus vite possible, pour éviter que la mauvaise odeur ne s'imprègne dans nos vêtements. C'est un peu dommage. Céline en fait trop à mon goût. Le roman devient une sorte de cauchemar d'un homme névrosé. Peut-être est-ce là le but de l'œuvre, toujours est-il que je n'ai pas aimé et que c'est avec un énorme soulagement que j'ai tourné la dernière page pour ouvrir la porte sur la Moscou de Boulgakov.
Il n'en demeure pas moins que le Voyage au bout de la nuit fait partie intégrante des classiques de la littérature française, et que je conseille à tout le monde de prendre sa croix et de lire au moins une œuvre de Céline.

vendredi 15 août 2008

Im Schlaraffenland (Heinrich Mann)

Auteur: Heinrich Mann
Titre original: Im Schlaraffenland: Ein Roman unter feinen Leuten
Première parution: 1900
Traduction: -


Quatrième de couverture:

Ein Aussenseiter dringt in die Welt von Macht und Reichtum ein und lernt das Zusammenspiel von Kunstbetrieb und Kommerz kennen, die Mechanismen einer Gesellschaft, deren einziges Bindemittel das Geld mit seinen Möglichkeiten ist.



Mon avis:
Génial!
J'ai retrouvé le cynisme de Heinrich Mann, que j'avais découvert dans Der Untertan. Critique de cette société décadente, qui se débauche comme elle respire. liberté de moeurs, corruption, mensonge, soif de pouvoir et hypocrisie sont autant de thèmes qui apparaissent dans ce roman de l'aîné des frères Mann.
J'ai réalisé aussi qu'à force de lire des oeuvres de cette période, j'en viens à pouvoir tracer des parallèles entre ces œuvres, leur influence sur les contemporains, chose que je trouve très agréable. A titre d'exemple, je vous parlais il y a peu des Weber de Hauptmann, or, dans Im Schlaraffenland on assiste à une représentation qui s'inscrit parfaitement dans ce style de drame social(iste) à la Hauptmann: Un soir, le jeune Andreas Zumsee, jeune poète qui a su s'attirer les faveurs de la femme qui tient l'un des salons les plus en vogue, est invité par cette Frau Türkheimer à la première de Rache!, la pièce qu'il faut absolument avoir vu. Heinrich Mann nous rapporte l'intrigue, qui ressemble étrangement aux Weber. Coïncidence?
J'ai trouvé ce roman plus soft que Der Untertan, qui affiche un cynisme acéré, presqu'un peu trop à mon goût. Dans les dernières lignes de Im Schlaraffenland, l'ange déchu Andreas Zumsee a appris sa leçon et gagné en sagesse:
Er [Andreas] sah ihnen nach. Adelheid lehnte gemächlich, in der schönen Fülle ihrer gesättigten Existenz, neben Liebling, wie sie ehemals an seiner eigenen Seite geruht hatte. Unter dem schwarzen Spitzen Schleier schimmerte ihr Gesicht breit und mattweiss, eine üppige Verführung. Er trat vom Fenster zurück, erblasst und zitternd. 'Das habe ich davon', flüsterte es in ihm. 'Begierden, nicht zu stillen, und eine endlose Reue.' Es galt, sich zu beherrschen, die anderen verabschiedeten sich. "Viel Vergnügen!" rief Kaflisch ihm zu. Er schob sie zur Tür hinaus. "Soviel ist sicher, die Herrschaften sehen elle recht glücklich aus", sagte Köpf. "Kunststück! Im Schlaraffenland sind immer alle glücklich", sagte Kaflisch. "Dumm, ruchlos und glücklich. Meinen Segen haben sie", sagte Andreas.

lundi 30 juin 2008

L'insoutenable légèreté de l'être (Milan Kundera)

Auteur: Milan Kundera
Titre original: Nesnesitelná lehkost bytí
Première parution: 1984
Traduction: François Kérel

Quatrième de couverture:

Qu'est-il resté des agonisants du Cambodge? Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune. Qu'est-il resté de Tomas? Une inscription: Il voulait le royaume de Dieu sur la terre. Qu'est-il resté de Beethoven? Un homme morose à l'invraisemblable crinière, qui prononce d'une voix sombre: "Es muss sein!" Qu'est-il resté de Franz? Une inscription: Après un long égarement, le retour. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d'être oubliés, nous serons changés en kitsch. Le kitsch, c'est la station intermédiaire entre l'être et l'oubli.


Mon avis:
Vingt-cinq milles étoiles, et encore plus!
Une révolution, une comète nucléaire, un cataclysme, une éruption volcanique que le Vésuve c'était ridicule à côté!!! (j'ai regardé le dernier volet de la trilogie marseillaise de Pagnol hier soir. D'où.)
A cheval entre un essai philosophique et un roman, cet ouvrage a trouvé le juste équilibre entre les deux: ni trop barbant, ni trop frivole. Kundera utilise une histoire qu'il ne raconte pas dans un ordre chronologique, mais dans une logique qui serve aux différentes thématiques qu'il veut aborder. Le récit est toutefois très clairement construit pour que l'on ne s'embrouille jamais dans les évènements.
Les deux grands piliers qui soutiennent cette œuvre sont la mission, la destinée, traduit par le es muss sein! beethovenien d'une part, le besoin de l'homme de créer un monde où règnerait le beau sans le laid, le divin sans la 'merde' (expression de l'auteur, hein!), qui se retrouve dans le mot kitsch.
Les personnages sont mût très tôt par un acte où une situation de leur enfance ou adolescence. Ainsi Sabina, suite à une trahison initiale, est-elle forcée de construire sa vie sur une succession de trahisons. Quant à Tereza, sa répugnance face au manque de pudeur et d'instruction de sa mère, elle cherchera sa vie durant à s'éloigner de l'image de sa mère qu'elle rencontre dans le reflet que lui renvoie le miroir, en cherchant à s'élever, à faire monter son âme à la surface de son corps.
Et finalement cette grande question: l'Histoire et elle cyclique (Nietzsche) ou linéaire? Faut-il de ce fait rechercher la gravité du es muss sein! comme Tomas, ou l'insoutenable légèreté de l'être, à la manière de Sabina?
Je n'ai rien de précis à dire au sujet du style de l'auteur, qui me paraît très neutre, il n'a pas une prose exceptionnelle ni un style très particulier, misant sans doute plus sur le contenu que sur la forme. Mais que peut-on trouver à redire lorsque le contenu est si incroyable?

A lire, absolument!

Kundera, je le pressentais déjà avant de le lire, rejoindra le mausolée de mes favoris, et certainement vais-je devoir instaurer une limitation de lecture pour les livres de l'écrivain tchèque, comme j'ai dû le faire pour les œuvres de Thomas Mann.

L'extrait:
Si chaque seconde de notre vie doit se répéter un nombre infini de fois, nous sommes cloués à l'éternité comme Jésus-Christ à la croix. Cette idée est atroce. Dans le monde de l'éternel retour, chaque geste porte le poids d'une insoutenable responsabilité. C'est ce qui faisait dire à Niezsche que l'idée de l'éternel retour est le plus lourd fardeau (das schwerste Gewicht).

samedi 28 juin 2008

Huis clos, suivit de Les mouches (Jean-Paul Sartre)

Auteur: Jean-Paul Sartre
Titre original: Huis Clos / Les mouches
Première parution: 1947
Traduction: -


Quatrième de couverture:

GARCIN: - Le bronze... (Il le caresse.) Eh bien, voici le moment, le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards me mangent... (Il se retourne brusquement.) Ha! vous n'êtes que deux? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c'est ça, l'enfer. Je n'aurais jamais cru... Vous vous rappelez: le souffre, le bûcher, le gril... Ah! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril: l'enfer, c'est les Autres.


Mon avis:
J'ai lu Vian avant de lire Sartre, pour le coup, j'étais très méfiante face celui qui se nomme Jean-Sol Partre dans l'Ecume des jours.
Mais... mais!
Je me suis plongée dans Huis clos, en ayant le sentiment de lire une pièce absurde de Ionesco, avant de comprendre que le décor se situait dans l'imaginaire de l'enfer: un chambre close, une ampoule toujours allumée, une sonnette qui ne marche pas, 3 divans, un bronze, une cheminée, un homme et deux femmes.
Huis clos met au grand jour les ruses de chacun pour s'approprier le dessus face à l'autre. Une lutte de pouvoir, que gagnera celui qui fera les meilleurs coups bas. Sartre évoque le poid de l'Autre, la violence de son regard, la brutalité de ses mots. "L'enfer c'est les Autres". Et cet enfer moral est bien pire que la souffrance physique du feu et du souffre:

L'extrait:
GARCIN: Ouvrez! Ouvrez donc! J'accepte tout: les brodequins, les tenailles, le plomb fondu, les pincettes, le garrot, tout ce qui brûle, tout ce qui déchire, je veux souffrir pour de bon. Plutôt cent morsures, plutôt le fouet, le vitriol, que cette souffrance de tête, ce fantôme de souffrance, qui frôle, qui caresse et qui ne fait jamais assez mal.


[Les mouches]

Mon avis:

Si j'ai beaucoup apprécié Huis clos, j'ai encore plus aimé Les Mouches. Un remake du meurtre d'Egisthe par Oreste. Tout d'abord il y avait la joie inattendue de retrouver l'univers des tragédies grecques, cet univers d'idéal, de destinée fatale, de grandeur, de dieux, de dignité. Cette Grèce antique à la fois brutale et belle.
Sartre évoque la liberté de l'homme, et le prix à payer pour posséder cette liberté. Oreste, par son érudition et son innocence est libre. Libre de tuer Egisthe et Clytemnestre pour venger son père Agamemnon, libre des remords. Mais sa liberté le rend apatride et l'isole du monde comme la lèpre isole le lépreux. Possédé par personne, il ne peut posséder quelque chose... sinon les remords d'être libre.
On pourrait certainement voir dans le parcours d'Oreste une sorte de rite initiatique: l'enfant au visage de fille fait son acte qui le mène dans le monde adulte.
J'ai lu cette pièce d'une traite, trop vite, et j'ai sans doute passé au-dessus d'une foule de symboles et d'éléments très intéressants, d'où cette critique très pauvre et maigrichonne. Il faudra le relire. Mais en attendant, je laisse mûrir la chose et vous quitte avec un extrait:

L'extrait:
ORESTE: Hier, j'étais près d'Electre; tout ta nature se pressait autour de moi; elle chantait ton Bien, la sirène, et me prodiguait les conseils. Pour m'inciter à la douceur, le jour brûlant s'adoucissait comme un regard se voile; pour me prêcher l'oubli des offenses, le ciel s'était fait suave comme un pardon. Ma jeunesse, obéissant à tes ordres, s'était levée, elle se tenait devant mon regard, suppliante comme une fiancée qu'on va délaisser: je voyais ma jeunesse pour la dernière fois. Mais, tout à coup, la liberté a fondu sur moi et m'a transi, la nature a sauté en arrière, et je n'ai plu eu d'âge, et je me suis senti tout seul, au milieu de ton petit monde bénin, comme quelqu'un qui a perdu son ombre! et il n'y a plus rien eu au ciel, ni Bien, ni Mal, ni personne pour me donner des ordres.

mercredi 25 juin 2008

Die Weber (Gerhart Hauptmann)


Auteur: Gerhart Hauptmann
Titre original: Die Weber
Première publication: 1892
Traduction: -

Quatrième de couverture:

Die Weber, das wohl bekannteste Werk des deutschen Dramatikers Gerhart Hauptmann, basiert auf dem 1844 mit Militärgewalt niedergeschlagenen Weberaufstand in Schlesien. Am Beispiel einiger junger Figuren - Parchentfabricant Dreissiger, Weber Moritz Jäger, Pastor Kittelhaus und dem alten Hilse - schildert Hauptmann die Entwicklung des Aufstands bis hin zu seinem blutigen Ende als Drama in fünf Akten.


Mon avis:
Une pièce de théâtre relativement courte (70 pages), mais d'autant plus concentrée.
La compréhension s'avère parfois difficile, les tisserands parlant un Plattdeutsch (l'accent d'Allemagne du Nord, radicalement opposé à mon Schwäbisch lequel me permet par-contre de comprendre très facilement autrichiens, bavarois et autre sudistes) qu'il faut parfois deviner d'après le contexte.
Malgrés la brièveté de la pièce, Hauptmann sait présenter le problème de manière très détaillée, jouant plus sur les diverses interprétations des différents partis (le fabricant, le pasteur, le jeunes tisserands et les vieux tisserands.
On découvre la misère de ce peuple de crève-la-faim, dont le travail rapporte chaque jour un peu moins, leur soumission, leur résignation. Jusqu'au jour où deux jeunes ouvriers relèvent la tête et deviennent les leader des tisserands. Et tout explose, dans les dernières pages.
Un récit très bien mené, très bien documenté et qui pousse à la réflexion. Le style s'inscrit un peu dans le naturalisme à la Zola, avec ses mineurs du nord de la France.

L'extrait:
FRAU HEINRICH, ihrer nicht mehr mächtig, schreit weinend heraus. Meine armen Kinder derhungern m'r! Sie schluchtzt und winselt. Ich weess m'r keen'n Rat nimehr. Ma mag anstell'n, was ma will, ma mag rumlaufen, bis ma liegenbleibt. Ich bin mehr tot wie lebendig, und is doch und is kee Anderschwerden. Neun hungriche Mäuler, die soll eens nu satt machen. Von was d'nn, hä? Nächten Abend hatt ich a Stickl Brot, 's langte noch nich amal fier de zwee Kleenst'n. Wem sollt ich's d'nn geben, hä? Alle schrien sie in mich nein: Mutterle mir, Mutterle mir... Nee, nee! Und dad'rbei kann ich jetzt nich laufen. Was soll erscht wern, wenn ich zum Lieg'n komme? Die paar Kartoffeln hat uns'sWasser mitgenommen. Mir hab'n nischt zu berchen und zu beissen.

samedi 21 juin 2008

Crime et Châtiment (Fedor Dostoïevski)

Auteur: Fedor Dostoïevski
Titre original: Преступление и наказание
Première publication: 1866
Traduction: Vladimir Pozner

Quatrième de couverture:

Raskolnikov se mit à trembler de tout son corps comme un homme frappé d'un coup terrible.
- Mais... alors... qui... est l'assassin? balbutia-t-il d'une voix entrecoupée.
Prophyre Petrovitch se renversa sur sa chaise, de l'air d'un homme stupéfait par une question abracadabrante.
- Comment, qui est l'assassin? répéta-t-il comme s'il n'en pouvait croire ses oreilles, mais c'est vous.


Mon avis
Encore un livre acheté pour son rapport qualité-prix, lors d'un passage à la Fnac, en attendant le train. Il faut préciser que j'avais lu quelques années auparavant les fameux Frères Karamazov du même auteur, que j'aime les gros pavés et la littérature russe.
Elles m'en avaient chanté les louanges sur tous les tons.
Et je ne puis que rejoindre leur exaltation (ouh là, je sors le grand vocabulaire du dimanche!) quant à ce livre. C'est (presque) une bible, vraiment.
En ce qui concerne le style, j'ai beaucoup d'affinités avec ce genre très intellectuel, précis sans être fastidieux, passionné sans sombrer dans un pathos excessif, raffiné sans être trop maniéré.
Du côté du contenu, on connait Dostoïevski: des questionnements philosophiques très intéressants et toujours actuels, des personnages extrêmement recherchés, qui ne tombent pas dans les clichés (une exception peut-être pour Sonia, la petite prostituée, secourable, humble, douce et aimante), et dont la psychologie est très minutieusement établie.
Les passages soulignés se multiplient, avec, au crayon, dans la marge: à méditer! Les questions que Rodion Romanovitch Raskolnikov, Prophyre Petrovitch, Sonia ou Razoumikhine se posent, ils nous les posent à nous aussi: Le crime peut-il être moralement légitimé?

Un très bon roman, à lire absolument. Et certainement aussi plus évident à lire que les grands Frères Karamazov. Un roman qui se savoure et qui doit prendre son temps.

Je vous laisse avec cette courte citation, tirée d'une des nombreuses conversations entre Rodion Romanivitch et Prophyre Petrovitch:

"La souffrance, la douleur sont inséparables d'une haute intelligence, d'un grand coeur. Les vrais grands hommes doivent, me semble-t-il, éprouver une immense tristesse sur terre (...)"

lundi 26 mai 2008

Challenge ABC: ma liste

Depuis quelques mois, j'ai redécouvert le plaisir de lire, oublié, ignoré, mis de côté durant mes années de fin de lycée et début d'université.
De fil en aiguille, j'ai fini par atterrir sur un site qui propose un challenge ABC, soit un auteur par lettre de l'alphabet, à lire en une année.
Voici donc mon challenge:

[Comme j'ai inséré Les Bienveillantes de Littell (l'année prochaine, je choisirai Lucrèce pour la lettre L, promis!), livre que je viens de terminer, je fais commencer mon challenge le dimanche 27 avril, jour où, peu avant midi, sur la terrasse, j'avais tourné la dernière page de Tod in Venedig et ouvert Les Bienveillantes.]


A
Altenberg: Sonnenuntergang im Prater (en cours)

B
Boulgakov: Le Maître et Marguerite (lu)

C
Céline: Voyage au bout de la nuit (lu)

D
Dostoievsky: Crime et Châtiment (lu)

E
Eco: Au Nom de la Rose

F
Flaubert: L'éducation sentimentale

G
Goethe: Faust (lu)

H
Hauptmann: Die Weber (lu)

I
Ionesco: Rhinoceros

J
Jarry: Ubu roi

K
Kundera: L'étrange légerté de l'être (lu)

L
Littell: Les Bienveillantes (lu)

M
H. Mann: Im Schlaraffenland (lu)

N
Novalis: Heinrich von Ofterdingen

O
Orwell: 1984

P
Plenzdorf: Die neuen Leiden des jungen W. (lu)

Q
Queneau: Exercices de style

R
Rilke: Das Stundenbuch (lu)

S
Sartre: Huis Clos suivit de Les Mouches (lu)

T
Tieck: Der Runenberg

U
Ustinov: The old man and Mr. Smith

V
Voltaire: Candide (lu)

W
Wedekind: Lulu (lu)

X
Xinjiang Gao: La Montagne de l'âme

Y
Yourcenar: Les Mémoires d'Hadrien

Z
Zola: Au bonheur des dames

jeudi 22 mai 2008

Les Bienveillantes (Jonathan Littell) - Prix Goncourt 2006

Un pavé considérable, terminé hier, dans le train, en allant au cours de littérature française.

L'achat remonte à quelques mois déjà: je rentrais un jour avant les autres d'un week-end de ski dans les Alpes valaisannes. Trois heures de train en perspective, et pas de livre. A la gare de Sion, dans un petit kiosque, j'ai trouvé ce gros volume, meilleur rapport qualité-quantité-prix*. C'est à dire le Prix Goncourt 2006 pour la qualité, 1390 pages pour la quantité, 24,90.- pour le prix. Imbattable.
J'avais lu les 100 première pages dans le train. Puis j'avais dû momentanément abandonner Les Bienveillantes pour continuer mes lectures assidues (et passionnées) des Buddenbrooks et du Untertan - respectivement Thomas et Heinrich Mann.
Ont suivi les lectures obligatoires du cours de littérature française du XIXe-XXe (Hugo, Breton, Proust, Beckett, Flaubert et Baudelaire), puis un retours à mon Thomas Mann adoré (Tonio Kröger et Tod in Venedig).
Avant que, le dernier dimanche d'avril, je n'ouvre à nouveau l'épais livre de poche à la couverture rouge sang.

Les Bienveillantes, que l'auteur américain Jonathan Littell a choisi de rédiger en français, est un livre très dense, très complet, très lourd. Je dois avouer que les seules raisons qui font que je n'aie pas abandonné le livre dans les premiers récits du second chapitre, ont été d'une part mon incapacité de laisser un livre inachevé, et de l'autre le sentiment d'une nécessité de lire les mots difficiles et brutaux des actes impardonnables de cet officier SS, Allemand tout comme moi.

L'histoire est celle du Sturmbannführer Maximilan Aue, jeune intellectuel épris de littérature, de musique, de grec. Jeune homme érudit, idéaliste, au tempérament allemand profondément romantique, qui est une sorte d'Oreste actuel.
Aue servira tout d'abord en Ukraine, où il sera impliqué dans l'exécution des Juifs, fusillés systématiquement puisque considérés comme traîtres et partisans bolchéviques potentiels. Son état de santé se détériore, il supporte mal ces exécutions massives qui s'étendent maintenant aussi aux femmes et aux enfants, on l'envoie se reposer en Crimée. Un échec de son supérieur Bierkamp face à la Wehrmacht sur une question ethnique d'un peuple du Caucase et Aue se verra expédié au front, dans le Kessel de Stalingrad. Blessé par un sniper russe, il sera rapatrié dans le Reich et servira Himmler à Berlin. Il aura a charge de faire monter l'effectif de la main d'œuvre, soit concrètement d'augmenter le nombre des prisonniers aptes au travail, d'améliorer les conditions de vie des détenus aptes et sera amené à visiter différents camps de concentrations, dont Auschwitz-Birkenau.
Sa santé psychique se dégrade de pair avec la lente chute du Reich, il finit par ne plus être maître de ses actes et n'est définitivement plus capable de faire la séparation entre le vécu et le rêve.

Les Bienveillantes pose la question du mal, de l'inceste (relation entre Max et sa sœur jumelle Una), de la responsabilité face aux massacres, de l'homosexualité.

Un très bon livre, pas facile à lire de part son langage très cru, très froid, très neutre (les crânes qui explosent, la cervelle mêlée à des bout d'os et des cheveux, cette partisane russe pendue qui gît dans la neige, le sein rongé par les chiens, le meurtre de Yakov, le petit pianiste juif de Jitomir qui adorait Bach et qui jouait pour les officiers de la SS (et dont je suis évidemment tombée amoureuse)).

Un récit et une problématique qui aideront tous ceux qui cherchent à se positionner, non seulement face à ces évènements de la Seconde guerre mondiale, mais aussi face à toutes les atrocités avant et après, hier, aujourd'hui, et malheureusement sans doute aussi demain.


*Lorsque je dois acheter de la lecture pour le train, je choisis invariablement le livre le plus gros et le moins cher que je peux trouver. Et comme je mise toujours sur un grand classique de la littérature - Madame Bovary, Les Frères Karamazov, Le Premier Homme, je ne regrette jamais mon achat.

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Fiche de lecture détaillée sur Wikipédia
Notes de Pierre Assouline sur l'attribution du prix Goncourt et sur l'œuvre (mise en garde: photographies très violentes)
Analyse de Lyonel Baum