Dans le métro parisien, une petite sacoche en cuir brut, un livre.
Dans le métro parisien, un pull de laine prune et une jupe grise.
Dans le métro parisien, des ballerines noires et un concert à Pleyel.
Dans le métro parisien, les poèmes de Rimbaud.
Et rêver.
Ma bohème
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit Poucet rêveur, j'égrenais sur ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse,
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bon soirs de septembre où je sentais les gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant dans les ombres fantastiques
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près du cœur!
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit Poucet rêveur, j'égrenais sur ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse,
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bon soirs de septembre où je sentais les gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant dans les ombres fantastiques
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près du cœur!