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lundi 29 septembre 2008

Spring & Fall

Il y a quelques mois, je comparais diverse versions de la Ballade op.118 de Brahms. En sortait vainqueur l'interprétation très naturelle de Nikolai Lugansky.
Cette après-midi, j'ai trouvé l'intégrale de l'op.118 par Kissin (joué lors du Verbier Festival 2007), et j'ai enfin pu écouter sous ses doigts magiques mon numéro préféré, soit le cinquième, la romance. Et c'était comme une formulation musicale du soleil brumeux de fin de septembre.
La nostalgie rêveuse d'un automne, les doux regrets de l'été, la magie de la lumière timide sur les arbres mourant doucement.
Chez Lugansky, on assistait à l'éclosion du printemps, explosion de couleurs cristallines, de rires, de joie, ôde à la vie et credo d'un bonheur simple et évident.


Brahms, op. 118 n°5 romance, Evgeny Kissin


Brahms, op. 118 n°5 romance, Nikolai Lugansky

Je file - un besoin urgent de jouer cette romance.

samedi 7 juin 2008

Ballade op.118: qui est le plus Brahmsien?

Voici enfin la note promise depuis quelques semaines, au sujet des diverses interprétations de la Ballade op.118 de Brahms que l'on trouve sur youtube.
J'en ai écouté quelques unes, une sorte de sélection de tout et n'importe quoi mis à disposition sur internet.
J'ai retenu quatre noms:
trois grandes figure du piano, Lugansky, Kissin et Pogorelich, et un jeune lauréat du concours Viotti, Cathal Breslin.

Kissin:

trop lourd, trop rubato, trop collant et pâteux. J'ai beaucoup de peine avec son Brahms mou, ventru et à la respiration difficile. C'est gros, gras et fatigué, le tempo est excessivement lent et de toute manière pas usé de façon adéquate. non, vraiment, je ne sais pas ce qui s'est passé dans l'esprit d'Evgeny Kissin au moment où il à joué cela. Peut-être l'air était-il lourd et moite ou son repas trop copieux? Il a trop bu, mal dormi, perdu sa brosse à dent ou son poisson rouge?
Ma critique est d'autant plus virulente que j'ai beaucoup d'affection et d'affinité avec son jeu. Sa troisième Ballade de Chopin a le pouvoir de m'envoyer à l'hôpital, ses Tableaux me font le plus vif effet. Et il joue un Brahms aussi médiocre!...
je suis dure avec lui, parce que je sais qu'il sait faire mieux. Le cas échéant, ce serait juste une démolition en bonne et due forme, sans aucun intérêt ni pour moi ni pour le pianiste en question. Et un perte de temps.

Pogorelich:

trop hâché. Autant Kissin était mielleux et coulant, autant Pogorelich devrait jouer plus près du clavier et se souvenir que la pédale n'est pas là pour faire joli. La partie lente, en revanche, très introvertie, simple, calme et légère, forme un agréable contraste avec les claquements secs du premier thème. Cette partie paisible est l'une de mes favorite et fait une très sérieuse concurrence à l'interprétation qu'en donne Lugansky.

Brelsin:

fluide mais sans perdre de caractère, il est peu-être un peu trop sec et trop disparate. J'ai le sentiment qu'il peine à avoir une vision global de cette ballade, qu'il hésite encore entre différents affects. Mais dans l'ensemble, son jeu est assez proche de celui de Lugansky, ce qui est évidemment un beau compliment. Un peu de maturité encore et sa 3ème Ballade Op.118 sera brillante.

Lugansky:

tempo très vif, jeu précis et fluide. Il va "tout droit", utilise très peu le rubato, mais en tire une fraîcheur et un naturel magnifique. Tout semble couler de source, facile et évident, le discours musical reste uni et cohérent tout au long de la pièce, et il assume parfaitement la rapidité de son jeu. En ce qui me concerne, cette interprétation de Lugansky est ma référence. (Malheureusement pour moi, il n'existe qu'un DVD de cet opus 118 par Lugansky...)

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Pour aller plus loin:

Evgeny Kissin - (3)
Nikolaï Lugansky - (1,2,3,4,5,6)
Ivo Pogorelich - (3)
Cathal Breslin - (1,2; 2,3,5, 6)