Le crépuscule d'une journée bien remplie, le ménage en buvant des litres d'eau, deux bols de thé noir avec les sucres roux rescapés du Pré Vert, un nocturne de Chopin et une lettre.
La motivation de coucher sur la toile une longue note sur les concerts du Festival Radio France à Montpellier laisse à désirer.
Je m'occupe donc des deux récitals auxquels Dodoré et moi avons assistés, les samedi 26, respectivement lundi 28 juillet, à 12:30, salle Pasteur, Montpellier.
David Violi, piano
Schubert - Sonate in B-Dur, D960
Bruneau-Boulmier (*1982) - La Traversée des apparences
Debussy - Etudes, livre II, extraits
J'étais très sceptique quant au choix de ce jeune pianiste, de jouer, à 26 ans, une œuvre aussi monumentale que la sonate D960. Et je ne peux malheureusement pas vous annoncer que j'aurais eu tort de me méfier: c'était ennuyant à mourir. Pas une once d'humour (Schubert!), pas de couleurs, statique, manque assez flagrant de propreté, allant jusqu'à un blanc au beau milieu du premier mouvement. Bref, il ne se passait rien, tout comme dans les pièces suivantes, les trois pièces que Bruneau-Boulmier lui a dédié et les trois études de Debussy.
Dans mon journal, je me suis bornée à noter en trois mot es war langweilig. Et de fait, on ne peut guère ajouter grand chose à cela.
Malwina Sosnowski, violon
Nikos Kyriosogolou, piano
Brahms - scherzo FAE
Chausson - Poème pour violon et piano op.25
Ysaÿe - Sonate n°5 pour violon seul
Chiang (*1974) - Dance II
Wieniawski - Fantaisie brillante sur des thèmes de Faust de Gounod
Pour leur décharge, il faut mentionner que le pianiste Nikos Kyriosogolou remplaçait Riccardo Bovino, qui s'est blessé, et a de ce fait dû monter ces pièces en deux semaines.
Toutefois, c'était presque encore pire que le récital soporifique de David Violi.
Cela commence déjà par une entrée sur scène d'une mollesse qui défie toute concurrence. Brahms, ce scherzo vif et pétillant comme un feu, poli, lénifié, les forte deviennent des mezzo piano et les staccati traînent paresseusement. Aucune fougue, certainement pas du côté du pianiste, et comme la violoniste a un son maigrichon qui devient vaguement criard dans les registres forts et aigus, on préfère qu'elle évite de s'emballer... Moi qui me réjouissais d'entendre ce scherzo et de le faire découvrir à Dodoré, c'est râté ma petite dame.
Venait un début prometteur pour Chausson, une belle tenue des phrases musicales, Malwina Sosnowski parvient à capter notre attention et à suspendre notre souffle au bout de son archet. Malheureusement, ce n'était que le début, et le vent a bien vite tourné. Piano et violon s'alternent, d'une manière désordonnée et décousue, sans logique aucune, c'en est agaçant.
J'espérais que la violoniste pourrait rattraper le coup avec la sonate pour violon seule d'Ysaÿe. Après tout, peut-être que tout aurait été totalement différent si elle avait pu jouer avec son pianiste initial. Que nenni! Les passages virtuoses se succèdent, avec des problèmes flagrant de justesse, et toujours ce son vide et terne. Plusieurs arrivée dans les aigus vraiment très faux, qui me font tressaillir de malaise sur mon siège. Suivait une composition contemporaine, très rythmée, avec un passage central durant lequel la violoniste laisse son instrument de côté pour taper des mains. On aime ou on aime pas, pour ma part, je ne vois pas l'utilité de faire faire de la percussion à une violoniste. Un percussionniste ou un danseur ferait cela mieux. Mais bon, c'est à la mode de faire faire des tas de choses aux instrumentistes pour épater la galerie des néophytes... Pour revenir à cette pièce, un passage à contretemps si foireux que cela me démangeait de battre la mesure, et rien de spécial.
Le gros morceau, c'était la dernière pièce, la fantaisie brillante de Wieniawski, pour laquelle Dodoré et moi avions hâte de voir comment nos deux mollusques allaient faire quelque chose de brillant. Pour faire court, dans la marge de mon programme, j'ai noté brillant?! Insipide!
Et à nouveau, les salutations si gênées que s'en est désagréable. La violoniste danse d'un pied sur l'autre, comme un enfant mal à l'aise après avoir récité sa poésie.
Un bis, un caprice ou une czardas ou quelque chose dans ces eaux-là, sans doute la pièce qui manquait le moins de conviction.
En résumé: manque de justesse, manque d'énergie, manque de conviction et manque de confiance.
Voilà, deux récitals fades de 12:30.
Heureusement, les autres concerts avaient une autre saveur, voir étaient franchement goûtus!
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samedi 2 août 2008
{Montpellier} les Jeunes Solistes de 12:30
Cela me fait quand-même un peu de la peine de démolir ainsi deux jeunes musiciens... En espérant qu'ils se trouvaient les deux dans un mauvais jour, je leur souhaite bon vent, et surtout de s'affermir, de gagner en conviction et en confiance.
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