Après de longues hésitations, c'est finalement sur cet exemple type de grand portrait international que j'ai jeté mon dévolu. Le grand portrait international désigne un genre florissant à la Belle-Époque, à Paris. Les trois grands maîtres de ces gigantesques portraits de personnalités de la haute société sont Boldini, Sargent et Whistler. Ils mettent en scène la personne dans ses vêtements et ses appartements. Le choix de la robe, des accessoires, du cadre se révèlent d'une importance capitale pour dévoiler la nature et le rang social du sujet.
Je ne vais pas vous faire un exposé de trois pages, j'ai eu un cours qui traitait de cela, si vous voulez en savoir plus, n'hésitez pas à poser vos questions. Et a consulter l'article du New York Times.
Pastel Blanc
Portrait en pied de la jeune Emiliana Concha de Ossa
1888, pastel
219 x 120 cm
J'aime beaucoup l'impression très vaporeuse du pastel qui se décline dans un camaïeu de blanc poudrés. Boldini a peint une jeune femme qui fait sa première entrés dans la société, son "bal blanc", fière, rayonnante de bonheur, mais un peu inquiète et tendue face à ce monde inconnu. Son sourire est un peu effrayé, ses mains se pressent l'une contre l'autre, peut-être pour cacher un tremblement nerveux.
C'était l'une de mes toiles préférées du cours d'histoire de l'art consacré au Très, très chic: le corps-vêtement, la chevelure-parure.
vendredi 12 septembre 2008
L'image du mois: Le Pastel blanc - Giovanni Boldini
lundi 21 juillet 2008
l'image du mois: Der Jude in Grün - Marc Chagall
Juillet se termine déjà presque alors que je n'ai toujours rien dit à propos de la toile choisie pour ce mois des grandes vacances.
Le Juif en vert, 1914, huile sur carton, 100,5 x 81,5 cm, Kunstmuseum Basel.
Autant le dire d'emblée: j'ignore tout de cette œuvre, et je n'ai nullement l'intention de pondre une tartine d'historien de l'art (que je ne suis pas).
Non.
Je connais très mal la peinture, j'ai tout juste un minimum de culture très superficielle de l'art pictural. Rien qui puisse vous intéresser.
Pour dire tout de même deux mots sur Chagall, un peintre qui a sa place parmi mes préférés, il est Juif d'origine russe, émigre en France et s'occupe beaucoup de ses origines sémites dans un monde chrétien. Il est très religieux, du courant hassidique (accent non plus sur l'étude du Talmud mais sur la manifestation joyeuse de la foi), et cette profonde spiritualité se retrouve dans nombre de ses oeuvres, comme par exemple ce Juif en vert.
Le Kunstmuseum Basel propose une courte étude de l'oeuvre, je ne vais donc pas m'étendre sur le sujet.
Ce qui m'intéresse dans ce portrait, c'est la main, plus précisément la main blanche du personnage. Cette main m'a fasciné au premier regard dans la salle du Kunstmuseum. Une main qui raconte à elle seule toute une histoire.
Regardez le vieux Rabbi, sale, ridé, graisseux, malodorant, sénile peut-être. Quant à sa barbe, mieux vaut ne pas regarder de trop près, ce doit être un véritable biotope pour toutes sortes de bestioles ragoûtantes. Un vagabond tout au plus, et même un des moins présentables.
Mais voyez maintenant sa main. Blancheur immaculée, finesse des articulations, noblesse de la forme: une main d'aristocrate, une main d'intellectuel. Un vieillard pauvre, marqué par une longue vie faites de privations et d'illusions perdues, au crépuscule de sa pénible existence, entre l'éveil et le sommeil, dans une sorte de méditation hébétée, mais un vieillard noble, instruit, rejeton déchu de la bonne bourgeoisie, peut-être victime de quelque pogrom, à moins qu'il n'ai volontairement pris le bâton du pèlerin pour une humble vie de prière et de méditation.
Un grand homme dissimulé sous des hardes de moujik crasseux, sa main blanche et magnifique comme un témoin de nature élevée.
Quand j'ai vu cette main, ma première pensée a été: c'est la main de Chopin! pâle, nerveuse, maladive et délicate. Une main de pianiste, sous laquelle naissent des miracles.
mardi 24 juin 2008
La fondation Beyeler voyage entre Paris et New-York avec Fernand Léger
Une affiche au caractère presque martial, quelque chose d'un Pop'Art encore à ses premiers balbutiement...
Ce n'est finalement pas tant l'exposition temporaire consacrée au peintre français Fernand Léger qui nous a fait revenir à Bâle que la promesse des quelques beaux Picasso, Kandinsky et Giacometti que possède la fondation Beyeler.Lundi matin 08:00, soleil déjà de plomb, les mots croisés dans le train (il me manque notamment une révolution en deux lettres ainsi que le peintre français suivant: ... ... ... r ... g ... ... ... Si quelqu'un trouve!)
Bâle, un train qui couine et frôle la frontière allemande. Basel Badischer Bhf et c'est l'Allemagne à fleur de peau. Puis Riehen, ses belle maison patriciennes, ses cours pavées et ombragées, et cachée au milieu d'un parc luxuriant, la fondation, œuvre de l'architecte Renzo Piano. Un pavillon emmitouflé de fraîcheur, un bassin, des nymphéas roses, des pelouses et une roseraie parfumée.
Sind Sie unter 19? et j'ai la (bête) franchise de répondre que non, on a 21 ans. Et voilà! On aurait pu payer 2.- de moins. Mais.
L'intérieur est extrêmement bien conçu, la lumière filtre à travers le toit, les toiles protégée par un vitrage n'ont pas, comme au Kunstmuseum, la fâcheuse tendance de se cacher derrière des reflets.
D'emblée, nous somme accueillies par deux Van Gogh, puis Degas, Bonnard, un poignée de Picasso, quelques Braque, le gai Kandinsky, les femmes de Matisse, Gauguin, des figurines de Giacometti (le monsieur sur les billets suisses de 1'000.-), Klee, Miró. Et, comme une apparition dans une salle toute blanche, une baie vitrée donnant sur l'étang aux nymphéas et le parc verdoyant, et un grand sofa crème: un triptyque de Monet. Les Nymphéas. Grandiose.
Puis viennent les salles dédiées à Fernand Léger, le grand nom du modernisme avec Picasso et Braque. Bon, soit. Là où Braque et Picasso innovent tout en restant dans le domaine de l'art, Léger prend lui une direction qui pour moi va vers l'image synthétique, le 'design par ordinateur'. Je n'aime pas beaucoup cet art très brut et massif.L'artiste peintre français était fasciné par le progrès. Cela se retrouve dans ses toiles, dont de nombreuses figurent des éléments de mécanique, de construction, de ville américaine aux mille grattes-ciel. Cet engouement quasi obsessionnel du progrès technique allié au style massif et épuré ne sont pas sans me rappeler les statues de l'URSS stalinienne...
Fernand Léger (1881-1955) originaire du nord de la France, s'inscrit dans les pionniers du cubisme, bien qu'il n'évolue par la suite pas dans la même direction que ses compères Braque et Picasso. En fait de cubisme, il faudrait plutôt parler de 'cylindrisme' ou 'tubisme'. Il y a une volonté très forte de tri dimensionisme et une recherche de couleur très pures, souvent combinées avec diverses nuances de gris. A mon sens, on peut voir en lui le père du Pop'Art.
Au final, mon sentiment face à ce peintre avant-gardiste n'a pas changé, ce qui ne m'a pas empêché d'avoir du plaisir de découvrir un nouvel artiste, lequel a lui aussi, comme Soutine, travaillé à la Ruche. Et puis il y avait la flopée de toiles de la fondations. Et les Nymphéas.
Plus tard, le pic-nic à l'ombre, un semblant de sieste dans l'herbe, le tramway vert, Claraplatz, les librairies et les pieds dans le Rhin. Marktplatz et une glace. Und zurück zum basler Hauptbahnhof. Dans le train, je mémorise les deux premiers vers de mon Pouchkine, et Momo'n me prend mon carnet pour vérifier si t'as bien appris. Elle lit à voix haute sa propre interprétation du cyrillique: Лруг (Droug)= Spuitsh. Rires.
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Les reproductions:
- Affiche de l'exposition: La grande Julie, 1945
- L'escalier, 1913
- L'équipe au repos (étude pour les Constructeurs), 1950
mercredi 18 juin 2008
Soutine expose ses couleurs à Bâle
Chaïm Soutine, un peintre dont je connaissais tout au plus le nom, deux paysages et une nature morte.Le Kunstmuseum Basel dédie son printemps 2008 au peintre de viande et de visages colorés et déformés.
De mon côté, les examens ne sont plus qu'un pâle souvenir, et les jours ont pris la saveur de l'été (plus que la météo, d'ailleurs).
Les "grandes vacances" estivales riment pour ma part bien souvent avec ennui et oisiveté déprimante. Or l'été, ce sont les festivals musicaux à foison (rien qu'en Suisse, on citera Verbier, Lucerne, Avenches, Zurich, St-Ursanne...), les longs jours propices à la visite de villes proches ou lointaines, les expositions temporaires ou permanentes pour lesquelles enfin le temps semble suffire, les excursions spontanées avec nuits sous tente...
Une foule de choses.
Et lorsque l'on a la chance d'avoir une voisine qui partage notre intérêt pour la peinture, la musique, la culture et l'architecture, qui, en plus d'avoir le même âge, est aussi une personne que l'on apprécie depuis toujours (comptez mon âge moins trois ans: 18 ans), eh bien on fait une liste interminable de choses à faire, et on saute dans le premier train pour inaugurer le programme.
Première étape donc, Basel Basel, Basel a mim Rhy! Kunstmuseum. Sortir du tramway vert, traverser des routes, découvrir St-Alban et ses rives du Rhin, l'endroit est par trop désert, revenir en arrière, monter des escaliers, se retrouver exactement à l'arrêt de tramway quitté quelques minutes auparavant et constater dans un éclat de rire que le musée se trouvait juste de l'autre côté de l'arrêt.
L'intérieur lumineux des musées d'art, les grands maîtres qui se tiennent compagnie. Renoir, Courbet, Manet, Braque, Munch, Pissaro, Monet, Kandinsky, Picasso, Miró, Robert, Giacometti, Dalí, Klee, Modigliani, Géricault, Chagall et tant d'autres. Le temps file comme une feuille morte entraînée par le vent.
Et Soutine, enfin.
Chaïm Soutine (1893-1943) est un artiste juif né en Ukraine et mort à Paris, où s'est concentré l'essentiel de son travail. Issu d'une famille pauvre, il fera ses études de beaux-arts à Vilnius, avant d'émigrer à Paris, en 1913. Il s'installera à la Ruche, où il aura notamment pour voisins Modigliani et Chagall.
Sa technique ne s'apparente à aucun des mouvements dominants de l'époque, tel que le cubisme ou le dadaïsme. Tout au plus Soutine reprend-t-il quelques éléments du fauvisme. Les couleurs sont vives, les traits généreux, l'émotion est à fleur de peau et les toiles dégagent une intensité presque palpable.
Soutine, c'est les visages aux regards livides et anxieux, les canards et les bœufs écorchés aux entrailles comme un feu d'artifice, les villages aux rues sinueuses et oppressantes, les maisons aux perspectives faussées qui nous font perdre nos repères.
Soutine, c'est un homme angoissé, timide, solitaire, affamé, pauvre, introverti. Son œuvre semble être pleine de ses peurs, ses espoirs et ses souffrances au point de suinter cette émotion et dire tout ce que cet homme si sensible et si secret ne confiait à personne d'autre qu'à ses toiles. La Russe à Paris l'exprime en d'autres termes:
Les peintures de Soutine vous transpercent autant que l'histoire de sa vie, ensuite, à chacun de trouver son approche pour apprécier son oeuvre. Soutine remonte sur la surface de ses tableaux quelque chose de si profond, quelque chose de la bête humaine qui nous dérange et fascine à la fois. Tout comme ce personnage passionné, tourmenté, reconnu mais si seul, qui meurt si tôt, ne pouvant être soigné pendant l'occupation.Il y a comme une urgence de vivre, un besoin pressant de peindre, de colorier le monde, et toujours cette angoisse et cette incertitude.
Courez, courez, mes amis.
Soutine est un grand maître, il mérite d'être apprécié et connu à sa juste valeur: "Derrière son cercueil ne marchait qu'une seule personne. C'était Picasso." (toujours Daria)
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Les reproductions:
- L'affiche du Kunstmuseum
- Vue de Céret
- Clocher à Céret
- Le Bœuf écorché
- L'Enfant au jouet
- Chaïm Soutine
- Grotesque (autoportait)
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Pour aller plus loin:
Anecdotes chez le lorgnon mélancolique
Article sur Wikipédia
jeudi 12 juin 2008
L'image du mois: Nymphéas - Claude Monet
Les nymphéas.
Il faut préciser d'emblée que les nymphéas de Monet et moi, c'est tout une histoire, une vieille histoire - enfin tout est relatif, mais disons une histoire plus vieille que moi.
Ma mère a apparemment beaucoup aimé cette série de tableaux de l'impressionniste français, à tel point qu'apprenant qu'elle était enceinte d'une fille, elle a décidé que sa progéniture porterait le nom de ces célèbres toiles, Nymphéa.
Car oui, en plus de m'appeler Lavinie - qui sait, peut-être y avait-il quelques autre Lavinie dans le monde dont il aurait fallu me démarquer? - je porte aussi le nom exotique de Nymphéa.
Assez choquée lorsque j'avais appris cela en lisant l'étiquette que mes parents avaient collé sur ma luge, il y a de cela près de 15 ans, j'ai fini par m'y faire, et même, pourquoi pas, à regretter que ce nom poétique ne soit pas le premier. Avouez, avec son y, son ph et son é, ce nom a un charme fou!
Bref, voilà pour la petite introduction (notez que mes introductions ne prennent pas encore l'ampleur de celles d'Aleks).
Les Nymphéas, Claude Monet, 1907, huile sur toile. (dimensions et collection inconnue)La série de toiles de grands format intitulées Nymphéas a été réalisée par le chef de file du mouvement impressionniste durant les dernières décennies de sa vie.
Dès 1883, Claude Monet vivait retiré dans sa propriété de Giverny, dans le nord de la France, entre Rouen et Paris, avec sa famille. Il a aménagé ses terres pour faire naître le magnifique jardin décoratif que l'on peut aujourd'hui encore visiter, et a entre autre procédé à la création d'un jardin d'eau qui l'a inspiré pour un grand nombre de ses œuvres tardives regroupées sous le nom de Nymphéas.
Malheureusement, il semblerait que j'aie choisi une toile fantôme, puisqu'il semble impossible de trouver la moindre indication quant à ses dimensions et que plusieurs collections américaines se réclament la toile, alors qu'elle ne figure dans aucun de leurs catalogues...
Une œuvre pleine de poésie et de tranquillité. Le bruissement des feuilles, le parfum d'une nuit d'été mêlé à celui de l'eau immobile et fraîche, et les reflets qui favorisent la rêverie.
Une vue que Claude Monet semble avoir utilisé plusieurs fois, jouant avec la clarté et les nuances du ciel reflété entre les nymphéas.
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Bibliographie:
Wendy BECKETT, The Story of Painting, London: Dorling Kindersley Limited, 1994.
Le mouvement impressioniste et ses plus grands peintres